


Tout le jardin ronfle sagement dans ses petits lits de coton, pas une étincelle ne bouge plus. Alice ferme les yeux sur son nuage bas, ses slippers pendant dans la brume. La plus petite étoile ferme l'œil aussi, blottie tout contre sa joue.
Exemplaire unique. À toi pour toujours.
Une histoire Lumora
imprimé pour Alice
lumora.kids

La petite étoile tire la brume argentée jusque sur les épaules rondes de la lune. Elle borde bien les coins, comme une vraie couverture, puis redescend sur la pointe des pieds. Alice sourit et l'accueille tout contre sa veilleuse, enfin tranquille.


La minuscule étoile boude le doudou et pointe la lune du bout d'un rayon. — Regarde, elle grelotte, elle n'a même pas de nuage sur les épaules, dit-elle. La grande lune bâille, un frisson dans son murmure, et souffle un petit vent tout froid.


— Viens, chuchote Alice en tendant son vieux doudou de lune, tout doux de câlins passés. La minuscule étoile s'approche, ses pointes tremblant un peu moins fort, et les nuages autour bruissent comme des draps qu'on borde. Elle renifle le doudou, hésite, puis recule d'un cran.


Alice s'assied sur un nuage bas, ses slippers moelleux touchant la brume fraîche. Ses jambes ne veulent plus courir, ses paupières pèsent comme deux petites pierres. La minuscule étoile rit encore, là-haut, bien trop loin pour un dernier bond.


Le jardin se tait, mais une petite étoile n'a pas reçu la nouvelle. La plus minuscule saute d'un nuage à l'autre, pouffant comme si tout ceci était un grand jeu. Alice tend la main — l'étoile file déjà rire un peu plus loin.


Alice berce la petite étoile contre son épaule et chante tout bas : « Un souffle d'argent, un nid de coton, dors petit éclat, la nuit est à nous. » L'étoile cesse enfin de trembler, ses rayons se referment comme des doigts qui lâchent une main. Elle s'endort, minuscule bulle de lumière posée sur le nuage.


— Tu dois te reposer maintenant, dit Alice en lui offrant un brin de liane douce. — Mais le ciel est trop grand tout seul, répond la petite étoile, ses rayons tremblant un peu. Alice s'assied tout près et lui tient compagnie sans dire un mot.


La deuxième étoile fait la sourde oreille et zigzague sous les lianes d'argent, ses rayons déjà lourds comme des paupières, mais elle s'entête à faire des étincelles. Alice avance sur la pointe des chaussons, une main tendue vers ce petit éclat trop fier pour bâiller.


La première étoile tourne en petits ronds pressés, incapable de trouver son nid. Alice tend la main, referme ses doigts sur l'étincelle tiède, et la pose dans un coussin de nuage bien chaud. — Un souffle d'argent, un nid de coton, dors petit éclat, la nuit est à nous, chante-t-elle tout bas.


Le croissant de lune renifle la brise, un sourcil relevé, l'air très sérieux pour quelqu'un de si mince. — Trois étoiles refusent de dormir, chuchote-t-il, regarde-moi ces éclats dorés au-dessus des fleurs d'argent. Alice lève les yeux : ça pétille beaucoup, pour une heure pareille.


Alice grimpe la toute dernière marche de la nuit, sur la pointe de ses chaussons de laine. Devant elle s'ouvre un jardin suspendu, où des lianes d'argent scintillent comme des fils oubliés par le ciel. Elle en écarquille les yeux : jamais un jardin n'avait poussé aussi haut, ni aussi près des étoiles.

pour Alice
Alice aide les petites étoiles du ciel à se blottir dans leurs nids de nuages.
Une histoire Lumora
imprimé pour Alice



