

Zoe retourna le coquillage lentement, caressant chaque trace de son pouce. Elle le porta à son oreille, et le doux grondement de la mer se déversa. Toby se pencha tout prÚs, et ils écoutÚrent tous les deux.
Exemplaire unique. Ă toi pour toujours.
Une histoire Lumora
imprimé pour Zoe
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La marĂ©e monta, silencieuse comme un secret, et emporta le crabe dans l'eau sombre. Toby prit le coquillage et le posa dans les mains de Zoe, puis suivit une longue Ă©gratignure du bout du doigt. « On dirait une vague », dit-il â et c'Ă©tait vrai.


Le petit crabe gravit le coquillage Ă©gratignĂ©, une patte prudente aprĂšs l'autre, jusqu'en haut. Zoe et Toby le soulevĂšrent ensemble â tout doucement, tout lentement â et le dĂ©posĂšrent dans les douves, lĂ oĂč les murs arrĂȘtaient le vent. Le crabe rentra ses pinces, immobile, comme s'il savait qu'il Ă©tait en sĂ©curitĂ©.


Toby attrapa sa pelle en bois et se planta entre la mouette et la crevasse. Il l'agita une fois, deux fois â et l'oiseau ouvrit ses ailes et recula. Toby plantĂ© lĂ , solide comme une petite tour de pierre, fit taire toute la plage.


Zoe enfonça quand mĂȘme son coquillage dans la fente sombre. Elle le sentit racler â un long son rugueux contre la pierre. Ce son-lĂ lui fit redresser les Ă©paules, et elle se tint un peu plus droite.


Zoe regarda la crevasse, puis son coquillage â lisse, rose, parfaitement intact. Quelque chose se fit clair, tranquille et certain, derriĂšre ses yeux. C'Ă©tait la seule chose assez Ă©troite, assez douce.


Toby glissa la main dans la crevasse, mais le rocher lui mordit les doigts avant qu'il ne touche le crabe. La mouette s'approcha d'un pas, puis d'un autre, son Ćil jaune fixĂ© sur quelque chose de petit. Elle savait exactement oĂč regarder.


De retour prĂšs du chĂąteau de sable, quelque chose de minuscule bougea au fond d'une fissure dans les rochers â un petit bernard-l'ermite, coincĂ© dans l'obscuritĂ© dentelĂ©e. Une grande mouette atterrit tout prĂšs, sans bruit, penchant la tĂȘte comme font les crĂ©atures qui ont faim.


Toby fixait le sable lĂ oĂč sa glace avait Ă©tĂ©, les Ă©paules immobiles. Zoe cassa son cornet en deux d'un coup net et silencieux, et lui tendit la moitiĂ©. Partager comme ça changea quelque chose sur toute la plage, et ils Ă©clatĂšrent tous les deux de rire au mĂȘme instant.


Ils rejoignirent la promenade, oĂč les glaces Ă©taient fraĂźches et les planches chaudes sous les pieds. Toby souleva son cornet â une seule boule, jaune pĂąle â et puis elle disparut, glissant sur le cĂŽtĂ© dans le sable. Elle resta lĂ , au soleil, fondant doucement, s'Ă©talant en une petite flaque jaune pĂąle.


Toby lui fit signe d'approcher, traçant déjà un grand cercle dans le sable mouillé. Zoe posa son coquillage avec soin et pressa les parois en tourelles, chacune un peu plus haute que la précédente. Construire cÎte à cÎte, c'était comme se trouver au tout début d'une histoire.


Zoe descendit vers la plage en tenant son coquillage rose, lisse comme un secret gardé trÚs longtemps. Le sable était plein d'inconnus, de mouettes criailleuses et d'un parasol perdu qui roulait au vent. Puis elle aperçut Toby, déjà en train de creuser, déjà heureux, envoyant de petits nuages de sable dans l'air lumineux.

pour Zoe
Les plus beaux jours sont ceux qu'on partage.
Une histoire Lumora
imprimé pour Zoe



