


Le vieux toit de pierre ronronne de silence sous la lune ronde et blanche. Mille lanternes dorées dansent au-dessus de la vallée, léger comme un vol de lucioles. Nathan reste là, le nez en l'air, les mains vides et le cœur plein. Sa petite flamme brille quelque part là-haut, mêlée pour toujours aux étoiles de tout le vallon.
Exemplaire unique. À toi pour toujours.
Une histoire Lumora
imprimé pour Nathan
lumora.kids

Sa lanterne zigzague et danse, BOUM, au milieu des mille autres. Nathan rit, les bras en l'air, les pieds bien plantés sur le toit. — Ma lumière n'est pas perdue, dit-il, elle aide à faire le ciel ! Et le vallon entier scintille, comme une immense couverture d'étoiles.


Et VLAN ! Une lumière s'allume sur un balcon. Puis deux, puis dix, puis cent — la ville entière clignote comme une farandole de lucioles ! Ça scintille sur les courrettes, ça pétille aux fenêtres, ça grimpe jusqu'au ciel tout noir.


Nathan gonfle la poitrine, avale une grande bouffée d'air froid. Ses doigts tremblent un peu sur l'anse en bois toute chaude. Hop, il lâche tout — la lanterne s'envole, elle danse dans le vent. Là-haut, elle vacille... et refuse de s'éteindre !


Le vent siffle, tout le vallon dort, pas une seule fenêtre ne brille. Nathan serre sa lanterne et sent son cœur qui cogne. — Est-ce qu'une seule petite lanterne peut illuminer toute la vallée ? demande-t-il dans le silence de la nuit. Sa flamme tremblote, minuscule, face à tout ce noir.


Nathan trotte jusqu'au rebord du toit, sa lanterne bien serrée contre lui. Toute la vallée dort là-dessous, toits gris et volets clos, sans une seule lumière. La lune ronde flotte au-dessus des cheminées comme une pièce d'argent. Nathan écarquille les yeux : jamais il n'a vu la nuit aussi grande.


Vite, vite, la cire fond, plus une seconde à perdre ! Nathan salue le chat d'un petit coup de tête, hop ! Il zigzague, il dégringole presque, il grimpe les dernières marches quatre à quatre. Et PAF, le voilà sur le grand toit, la lanterne toujours bien allumée !


Nathan s'assoit sur la marche froide et regarde sa bougie, déjà à moitié fondue. Vlan ! Une bourrasque s'engouffre dans l'escalier et fait vaciller la petite flamme. Nathan plaque la main autour du papier chaud pour la protéger. « Tiens bon, souffle-t-il, on n'est pas encore arrivés ! »


— C'est ma lumière, dit Nathan, je la garde pour moi tout en haut ! Le chat penche la tête, les moustaches frémissantes dans le noir. Il pousse un doux ronronnement, comme un petit moteur, mais ne bouge pas d'un poil. Nathan pointe le menton vers le ciel et grimpe, la lanterne bien serrée contre lui.


Renifle, renifle — le museau roux frôle le papier tiède, prêt à chiper la flamme. Nathan hop ! dresse la lanterne bien au-dessus de sa tête. Pas touche ! Ses bras tremblent, mais il ne cède pas un centimètre.


Vlan ! Nathan freine pile sur la troisième marche. Un chat roux, tout rond, bloque l'escalier comme un petit roi sur son trône. — Ouh là ! souffle Nathan, les yeux grands comme des soucoupes.


Nathan grimpe la première marche, puis hop, la deuxième ! Le vent fonce dans l'escalier et souffle sur sa flamme. Vite, il rabat le pan de sa veste, comme une petite cape magique. La bougie vacille, tremblote... et tient bon !


Derrière lui, la place bourdonne encore de rires et de violons. Nathan zigzague, s'éloigne, tourne le dos à tout ce bruit. Là, entre deux volets, un vieil escalier de pierre grimpe dans le noir. — Toi, tu mènes où ? chuchote Nathan, et il pose le pied sur la première marche.


Nathan se faufile dans la ruelle noire, sur la pointe des pieds. Chut ! Pas un bruit, pas un craquement. Contre son ventre, la lanterne en papier chauffe comme un petit soleil captif. Ce soir, décide Nathan, elle brillera tout en haut du monde.

pour Nathan
Nathan monte sur le toit avec sa lanterne pour éclairer la nuit.
Une histoire Lumora
imprimé pour Nathan



